PrestationsContactsUtilitairesInfosSociété

Les bascules

    En langage courant, une bascule est un instrument comportant un tablier pour le pesage de charges lourdes ou assez importantes.

    C'est donc un appareil qu'on utilisera, en général, pour des transactions revêtant un caractère de gros ou de demi-gros.

    Au point de vue mécanique, la bascule comporte un ensemble de leviers conjugués entre eux de telle manière que la charge agissant sur le tablier soit équilibrée par une charge beaucoup plus faible, poids ou curseurs, intervenant sur le levier peseur. Ce levier recevant en dernier lieu la charge démultipliée, peut être un fléau ou une romaine ou une combinaison des deux : il forme l'appareil indicateur ou démonstratif.

    L'ensemble des organes placés sous le tablier consistant en organes de concentration des charges (couteaux et coussinets) de démultiplication des charges (leviers) et de liaison (brides, chapes, etc...) est désigné communément sous le nom de dessous de la bascule, (récepteur de charge).

    Lorsque le tablier est au niveau du sol et que les dessous sont enfermés dans une fosse, on désigne l'instrument sous le nom de pont bascule.

BASCULES DECIMALES :

Bascule décimale


    La bascule décimale dénommée "balance-bascule" a été inventée par Quintenz au XVIIème siècle. Elle se compose:

    • D'un tablier destiné à recevoir les charges, reposant sur des couteaux de charge A' et soutenu en D par une tringle.

    • D'un bâti, renfermant le dessous de la bascule et recevant le potelet de support du couteau chef du fléau (A 0 B). Ce bâti est généralement en bois, consolidé aux angles par des bandelettes ou des équerres.

    • D'un levier du deuxième genre placé sous le tablier : axes fixes d'oscillation en 0', action de la charge en A', renvoi de la charge réduite en B'.

    • D'un levier du premier genre, oscillant en 0, point fixe supporté par la colonne ou potelet solidaire du bâti. Ce fléau reçoit en A et C, par l'intermédiaire des tringles B'A l'action des masses marquées, placées dans un plateau et destinées à équilibrer la charge.


    La bascule décimale de Quintenz est un appareil à leviers combinés dont le rapport total est de 1 à 10; de sorte que toute charge placée sur le tablier de la bascule est équilibré par une charge 10 fois plus petite, placée sur le plateau des poids. Le fléau peseur a un seul bras de puissance et deux bras de résistance. Le premier bras C0, reçoit directement les charges appliquées sur le tablier et, qui sont les plus voisines des tringles. Ce bras est 10 fois plus petit que le bras OB. Les charges placées sur l'autre extrémité du tablier se transmettent au fléau peseur par l'intermédiaire du levier triangulaire placé sous le tablier. Il faut donc que le rapport du fléau peseur multiplié par le rapport du levier triangulaire, donne un produit égal à 1/10. Généralement le levier triangulaire est établi dans le rapport de 1 à 5; dans ce cas, le rapport du fléau devant être de 1 à 2, le grand bras de résistance est la moitié du bras de puissance. On met quelquefois cependant, le levier triangulaire dans le rapport 1 à 6.

      Réglage théorique :

      Le levier triangulaire se déplaçant assez sensiblement pendant l'oscillation du fléau, il y a lieu, pour éviter toute altération du rapport, de tenir les couteaux rigoureusement à la ligne. Ce levier triangulaire étant, en fait, un levier de transmission, la question de sensibilité est pour lui beaucoup moins importante que pour le fléau peseur. Celui-ci doit être monté comme s'il s'agissait d'un fléau à bras égaux et en observant les mêmes garanties de sensibilité.

      I1 faut vérifier que les deux tringles de puissance sont bien verticales, puis changer le tablier et équilibrer avec des masse étalons d'un montant total, 10 fois moindre. Les masses doivent être placées sur le tablier de façon à faire travailler le plus discrètement possible, et l'un après l'autre, chacun des deux bras de résistance du fléau peseur.

      Il faut, suivant les résultats obtenus, retoucher en conséquence chacun des deux couteaux. La sensibilité règlementaire est de 1/1000ème de la charge.

BASCULES DECIMALES AVEC FLEAU EN TRAVERS :

Bascule décimale avec fléau en travers


    La disposition primitive due à Quintenz présente le désavantage de tenir beaucoup de place, parce que le fléau vient dans le prolongement de la longueur de la bascule. Il existe des bascules décimales avec fléau en travers, d'ou un encombrement moindre.

    Toutes les indications données pour la bascule décimale de Quintenz s'appliquent aux bascules décimales avec fléau en travers.

    Les bascules décimales du système Quintenz ou des systèmes similaires ont le défaut de ne faire reposer le tablier que sur trois points, de sorte que, si l'on pose les charges à peser au bord du tablier, on risque de le faire soulever. Pour éviter cet inconvénient, les bascules au 1/1Oème possèdent toutes, des cales à pointeau, dites cônes, destinées à recevoir et à maintenir le tablier pendant le chargement.

    Cependant, on construit des bascules décimales à 4 points d'appui de différents systèmes (bascules à 3 tringles, bascules à 2 leviers triangulaires).

BASCULES ROMAINES :

Bascule romaine


    La bascule romaine a été découverte par Béranger, au XVIIème siècle.

    Elle se compose :

    • D'un tablier destiné à recevoir les charges, reposant sur quatre appuis, ceux-ci constitués par les arêtes des couteaux de charge AAA'A'.

    • D'un bâti renfermant le dessous de la bascule et recevant la colonne de support du couteau chef 01 du fléau à romaine C'O1D'. Ce bâti doit être solidement assemblé et pratiquement indéformable.

    • De deux leviers du second genre 0'A'B' et OAB, placés sous le tablier et réunis par une bride de centre BC.

    • D'un fléau à romaine C'O1D' qui peut comporter un ou plusieurs curseurs, oscillant en 01 point fixe supporté par la colonne solidaire du bâti. Ce fléau reçoit en C', par l'intermédiaire de la tringle de puissance B'C', l'action de la charge placée sur le tablier. Une boule de tare © assure l'horizontalité du fléau à vide. En D' se trouve éventuellement un couteau de rapport auquel est suspendu le plateau porte-poids pour les charges dépassant la limite de portée de la romaine. L'ensemble du fléau à romaine, du plateau à poids, des curseurs, de la tare, constitue l'appareil indicateur ou démonstratif de la romaine.


    Les leviers du mécanisme de bascule sont généralement dans le rapport de 1 à 10 et, il en est de même de la romaine qui constitue l'appareil indicateur. Le rapport total est donc de 1/100 . Toute charge placée sur le tablier est par suite équilibrée par une charge 100 fois plus petite placée elle-même dans le plateau des poids. L'extrémité d'un fléau de bascule au 1/100ème se déplace que de 30 ou 40mm environ : par conséquent, les couteaux d'angle supportant le tablier ne se déplaceront que de 3/10 à 4/10 de millimètre. Ce déplacement est insignifiant et n'est pas de nature à faire varier le rapport en dehors des limites de la tolérance admise. On peut donc s'abstenir de mettre tous les couteaux à la ligne, seuls les taillants des traverses, les couteaux d'angle et le pointeau ou couteau d'extrémité du grand levier sont dans un même plan. Le fléau doit, au contraire, donner toutes les garanties de sensibilité désirables.

    En général, le fléau est tracé de 0 à 100 kg et porte en outre un coulisseau se déplaçant de 0 à 9 hectogrammes. Le poids de chacun des curseurs est facile à déterminer en vertu du principe déjà exposé, à savoir:

    "le poids d'un curseur est égal à la valeur représentée par la trace correspondant à ce curseur, multipliée par le rapport des leviers. La longueur de la trace étant considérée dans le fléau peseur comme bras de puissance".

    Une bascule est dite à simple romaine, lorsque le fléau est tracé de 0 à 100 kg et que le complément de la pesée est représenté par des masses étalons placées dans le plateau des poids. Par exception, les bascules de 100 kg ayant un fléau tracé de 0 à 100 kg n'ont pas de plateau pour les masses étalons. Les curseurs qui se déplacent sur les fléaux sont généralement inséparables de celui-ci, qu'ils enveloppent du reste. Certaines bascules ont des curseurs suspendus par des crochets et qui s'enlèvent facilement. Ces curseurs sont dits curseurs à croches.

      Réglage théorique :

      Bascule romaine


        On s'assure d'abord de la sensibilité et du montage du fléau puis, on retouche, s'il y a lieu, les couteaux d'angle; afin qu'une même charge placée sur l'un quelconque des quatre angles soit équilibrée par une masse identique dans le plateau des poids et sans modification de la position des curseurs ou coulisseaux. On règle ensuite le fléau qui, par son accouplement avec le système intérieur, doit donner un rapport de 1 à 100, il ne faut toucher qu'au couteau du petit bras du fléau qui est dit couteau de rapport. Ce réglage, analogue pour toutes les bascules au 1/100eme, se fait en plaçant sur le tablier une charge connue et, en déposant dans le plateau des poids, un étalon cent fois plus petit.

        Une fois ceci obtenu, il ne faut plus déplacer les différents couteaux ni régler le curseur. Le réglage du curseur, quel que soit le genre de la romaine se fait de la manière suivante:

        • Tarer la romaine à vide, le curseur étant à 0.

        • Charger le tablier avec des masses étalons et amener le curseur à la coche représentant le poids correspondant ; si l'équilibre est atteint, le curseur est juste; si le fléau tombe, le curseur est trop lourd ; si le fléau monte, le curseur est trop léger.


        Supposons le curseur léger : Après avoir taré à zéro et amener le curseur à la coche représentant la charge en étalons, le fléau monte. Il faut donc charger le curseur avec du plomb que l'on place à l'extérieur, de façon que le fléau tombe à peu près avec la même intensité, à laquelle il montait précédemment avec la surcharge. Puis on revient à zéro, on retare à vide et on répète l'opération jusqu'à l'équilibre.

        On appelle "Bascules à double fléau" les bascules qui ont un appareil indicateur à curseurs et un fléau à deux branches portant des traces, jusqu'à concurrence de la portée totale de l'instrument. Le gros curseur se rapporte aux unités de poids les plus élevées et le petit curseur aux unités de poids plus faibles. Dans ce genre de bascules, il faut d'abord monter le fléau et s'assurer de sa sensibilité lorsqu'il est accouplé avec les leviers de la bascule. On règle ensuite les angles et les curseurs, comme d'habitude, bien entendu, les curseurs se mettent en place l'un après l'autre.

        On appelle "Appareil Indicateur à double romaine" un appareil indicateur composé de deux romaines accouplées. Les réalisations de ces appareils indicateurs ont été assez nombreuses, mais une seule a été conservée ; la double romaine sur colonne, qui se compose d'un double fléau, analogue a celui décrit ci-dessus; ce double fléau n'est pas attaqué directement par la tringle de puissance de la bascule, mais accouplé à un levier intermédiaire non gradué. L'ensemble est monté sur une colonne en fonte ou tout dispositif analogue, de telle sorte que l'appareil occupe peu d'emplacement et, que la romaine, ayant la possibilité de pivoter autour de la tringle de puissance, puisse avoir une orientation quelconque par rapport à la bascule proprement dite.

      PONTS BASCULE :

        Les ponts bascules ne sont pas spécifiquement différents des bascules: ce sont des bascules de forte portée, servant au pesage des wagonnets, chariots, voitures, camions ou wagons. Le tablier est évidemment disposé de manière à recevoir le plus commodément possible les véhicules à peser.

        Les ponts bascules peuvent être munis théoriquement d'appareils indicateurs, à simple romaine, à double fléau, à double romaine etc..., comme les bascules. Pratiquement, les appareils indicateurs à double romaines sont les plus couramment utilisés actuellement.

        Les ponts bascules se montent et se règlent comme les bascules, une étude complète sera faite ultérieurement.



Retour à la table des matière de l'histoire du pesage
AccueilPrestationsContactsUtilitairesInfosSociété

Site réalisé et hébergé par @Web Story